Ma mémé

Publié le par Renée G.

Elle avait  plus de 90 ans quand elle a décidé de nous quitter, voilà 42 ans. Je ne l’ai guère connue, ma mémé. Toujours vêtue de noir, jupe longue en lainage, tricot et châle ; les cheveux tirés en un petit chignon sur la nuque, elle me faisait un peu peur, la grand-mère. Cerise sur le gâteau, elle ne parlait  presque pas le français, mais le patois local de l’arrière-pays niçois auquel je ne comprenais rien.

Avec ma mère, nous « descendions » la voir, deux ou trois fois l’an. N’ayant pas de voiture, notre moyen de locomotion était le train Nice-Digne ou, si vous préférez, le « petit train des pignes ». Je me souviens encore de l’odeur de gas-oil qui se dégageait de la micheline, çà me soulève encore le cœur rien que d’y penser.

Les visites à Joséphine, surnommée « La Phine Bottin », étaient une fête pour ma mère qui retrouvait pour quelques heures son village natal, en un mot, toute sa famille. Le village accroché sur les flancs de la montagne n’était pas très grand, tout le monde se connaissait et ma mère était cousine, petite-cousine ou petite-petite-cousine de quelqu’un.

Revenons à la grand-mère. La vie était rude pour une femme seule avec 7 enfants. Mais elle avait du caractère la Joséphine et çà tournait rond, l’hiver au village, le reste de l’année à la campagne, accessible à pieds, par un chemin muletier. Cette campagne, maintenant propriété de mon cousin, était le garde-manger de la petite tribu qui vivait pratiquement en autarcie grâce à la production familiale.

Ce qu’il y a de plus curieux, c’est que Mémé était connue dans tout le canton et même au-delà, grâce à ses dons. Coups de soleil, brûlures, zonas ne résistaient pas à ses incantations et à sa « toupine ».

Il y a deux ans, quidées par la nostalgie, ma soeur et moi sommes retournées au village (qui a bien changé) et avons rencontré des habitants, notamment des petites-petites-p.... cousines de notre mère. J'étais très étonnée et émue de constater que le souvenir de notre grand-mère était encore bien vivace parmi ceux de notre génération qui l'avait connue.

En ce beau dimanche de la fête des grands-mères, j’ai tenu à rendre hommage à ma mémé car, plus les années défilent, plus elle me manque.

La campagne "scrappée" de la mémé avec son plaqueminier plus que centenaire

Publié dans Un peu de tout

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Vanes135 18/03/2007 13:22

Ton montage est très bien fait félicitations

luciolefairy 17/03/2007 17:21

très très émouvant !

marie86 08/03/2007 21:00

C'est très touchant ! Malheureusement, nos générations ne laisseront pas des "traces" comme les leurs en ont laissé ! C'est la société qui veut ça !

Francine 08/03/2007 16:09

Bien bel hommage à ta mémé...qui m'a, je l'avoue, un peu émotionnée..bravo à toi !

Laurelyne 08/03/2007 09:26

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